lundi 20 mars

Une vue de leur avancée depuis la cabane des glaciologues, il y a déjà une semaine. Le versant nord des montagnes caucasiennes est vraiment très peu enneigé. Ils se sont retrouvés, à 3800 m, à descendre un col en portant les skis dans un pierrier ! Ces conditions ne leur permettent pas de continuer en sécurité dans les régions d’altitude, qui présentent maintenant de gros appareils glaciaires. D’ailleurs, l’un d’entre eux a déjà tenté de visiter une crevasse  ces derniers jours…

Le bon sens prime donc, et l’itinéraire est dévié vers des vallées plus au nord.

GE-J050

Leur dernier point ce 20 mars au soir les situaient dans un village vers 1800 m (42.900420°,43.598490°).


Jean-René nous a fait parvenir un texte à propos des quelques jours passés à cinq, entre Omalo et Kazbegi. Le voici :

Nous sommes en Ossétie du nord, au village de Timinikau, à 1800 m.
Je ne suis pas prêt d’oublier cette traversée de 11 jours dans les montagnes de Géorgie. C’est sans doute le raid le plus marquant et le plus engagé que j’ai eu l’occasion de faire. Montagnes sans grandes faces ni en très haute altitude, mais diablement isolées obligeant à une autonomie exigeante.
Nos aventures nous ont obligés à laisser Laurent à Omalo, et notre petit groupe de 5 s’est enfoncé dans la montagne. Fonctionnant à la façon d’une caravane posant le bivouac le soir, ou squattant une bergerie. Journées de 10 à 12 heures exigeantes mais magnifiques.
Il y a eu aussi les rencontres de quelques personnes qui passent l’hiver au cœur des montagnes Toushettes avec leurs bêtes. Des villages avec ces étonnantes tours de shiste érigées il y a 1000 ans. Beaucoup de portage, les fonds de vallées n’étant pas enneigés.
Bref, arrivée à Kazbegi où l’équipe s’est reconstituée. Dynafit nous a fait parvenir les deux paires de skis manquantes, nous sommes prêts pour repartir.
La journée a été bien triste car nous avons appris la mort de Bertrand notre ami guide. Au début du projet, il devait participer à notre expédition.
Il y a peu de neige sur le versant nord du Caucase, mais il fait beau. Demain nous partons pour quatre jours jusqu’à Zaromag. Nous sommes quasi à la moitié de la traversée…