lundi 6 mars

9h00 :

Long message de Laurent reçu ce matin, qui nous informe de nouvelles péripéties…

Salut à tous. Je vous écrit depuis Kazbegi, où je suis arrivé hier dimanche en fin d’après-midi.

Bien des choses se sont passées depuis Tbilissi. Après avoir fait quelques emplettes au dernier gros bourg de Telavi, nous avons été déposés au pied du col de Banszni qui mène à Omalo, par une piste improbable de 72 km. Ce trajet n’a jamais été fait en hiver, les gents d’Omalo ne se souviennent pas de l’ancien passage utilisé autrefois. Le 4×4 nous dépose vers 16h00, nous progressons 2 heures avant de bivouaquer autour d’un bon feu à 1200 m d’altitude.

Le lendemain, rude journée : 1700 mètres de montée qui se passeront sur la route parfois bien exposée aux coulées et autres joyeusetés. La vigilance s’impose, d’autant qu’il y a redoux. Bivouac sous tente au col, et début de la descente le lendemain vers 9h00. Neige très changeante, du printemps, du gobelet, de la poudre… Vers midi, Laurent perd ses skis en traversant la rivière sur un pont de neige qui s’écroule. On fabrique une paire de raquettes en saule et cordelettes, qui permettra laborieusement de rejoindre un abri. Là, une seconde version de raquettes sera élaborée, en planches de pin cette fois. Elle sera plus efficace pour rejoindre Omalo le lendemain vers 15-16h00.

A Omalo, nous logerons chez Karrha, qui passe une partie de l’hiver là-haut pour soigner ses bêtes (une vingtaine de vaches), comme les quelques éleveurs qui restent. Entre temps, Laurent aura pu joindre Anne, et par son intermédiaire Pierre Favre, un collègue guide d’Annecy qui se rend en Géorgie. Betty qui aura contacté notre partenaire Dynafit , toujours très présent à nos côtés. Timothée et Jonathan pourront apporter les skis à Pierre, qui va pouvoir les acheminer à Kazbegi.
A eux tous, mes remerciements sans fin…

A Omalo, une décision s’impose. Laurent ne peux plus suivre le groupe, qui l’a aidé et soutenu depuis 36 heures maintenant, en lui faisant la trace, allégeant son sac au maximum, taillant des marches au piolet dans les dévers verglacés. Il faut donc trouver une solution, et il n’y en n’a pas d’autre qu’un hélico privé de la base de Kazbegi. Sauf à laisser Laurent progresser seul avec ses planches de bois dans le massif à la frontière du Dagestan pendant 10 jours, ce qui est irréaliste.

Un contact est donc établi par l’intermédiaire de notre nouvel ami Georges (voir épisodes précédents à Tbilissi), et après d’âpres négociations, un prix est convenu. L’assistance de Laurent (Inter Mutuelle Assistance) refuse de participer, ne considérant pas cette évacuation comme un secours en montagne, mais plutôt comme une version hard core d’une dépose en hélico pour convenance personnelle. Si si …….

Bref. Pendant que ses compagnons, qu’il aura laissé la boule au ventre, continuent par les vallées de Chatili et Djuta, Laurent est pris en charge précipitamment par l’hélico surbooké, qui fait de la dépose pour le compte d’une société géorgo/autrichienne, et dirigée par Vato que l’on remercie beaucoup pour le rabais consenti !

Au moment où j’écris ces lignes, je pense intensément et avec émotion à mes compagnons, et à la longue route qui les attend avant nos retrouvailles. Je loue leur amitié, leur force de caractère et leur constance dans l’effort et dans la bonne humeur, en dépit des épreuves que nous avons traversées, et celles à venir. Et j’ai une pensée très affectueuse pour Betty, et lui souhaite un rapide rétablissement.
Je vais maintenant m’atteler à la vérification du matos et du stock de nourriture pour les étapes à venir.
A tout bientôt.

Visiblement, Laurent va donc attendre quelques jours le groupe à Kazbegi, point de passage prévu sur l’itinéraire original, et point de départ pour le Kazbek (5033 m).

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Cette traversée devient aussi improbable que la campagne électorale en France ! A chaque jour son nouveau rebondissement. Elle les pousse dans leurs retranchements et les transforme en trappeurs inventifs !
Ce coup-ci pas de blessure, mais une situation pour le moins difficile à gérer. Blague à part, saluons leur capacité d’adaptation et leur courage devant une adversité qui semble s’acharner contre eux. Et espérons qu’ils ont maintenant mangé leur pain noir, et que la suite sera moins compliquée  😉


 

Voici le même récit, mais en images !

Tout d’abord, quelques vues du bourg de Telavi, où ils se sont arrêtés pour ravitaillement, avant la dépose pour la montée de la longue piste vers Omalo.

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Mercredi 1er mars, bivouac au départ de la piste :

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Jeudi 2 mars, montée de la longue piste encaissée :

img-20170306-wa0004Début de la route d’Omalo

img-20170306-wa0005Quelques kilos sur les épaules apparemment !

img-20170306-wa0006Tentative de calcul du nombre d’heures jusqu’à Omalo, avec un boulier trouvé dans une cabane, on ne sait plus, le vin géorgien probablement !

img-20170306-wa0007img-20170306-wa0008Dernière montée avant le col

Vendredi 3 mars, descente du col, et jour de la perte des skis.

img-20170306-wa0009Raquettes en saule, v1.0

img-20170306-wa0010Eric en plein calcul de la v1.1 !

img-20170306-wa0011David et le non démarrage d’une tronçonneuse trouvée dans une maison isolée

img-20170306-wa0012Raquettes v1.1

img-20170306-wa0013Surtout, bien lever les pieds !

img-20170306-wa0014L’air de rien, Jean-René espionne pour le compte de Dynafit ?

img-20170306-wa0015Arrivée à Omalo

Samedi 4 mars

img-20170306-wa0016Karrha, ou le penseur de Rodin

img-20170306-wa0017Le colonel Kodexi d’Omalo nous délivre les autorisations de passage

img-20170306-wa0018La guest-house d’Omalo

img-20170306-wa0019img-20170306-wa0021img-20170306-wa0022img-20170306-wa0023img-20170306-wa0024Tours de défense et d’habitation du Caucase, qui protégaient leurs habitants des razzias

Dimanche 5 mars

img-20170306-wa0015Départ d’Omalo

img-20170306-wa0025Le mont Kazbek (5033 m), demeure de Prométhée

La traversée de ce volcan endormi est prévue deux jours après le départ de Kazbegi, par le versant ouest, invisible sur la photo. Mais demain est un autre jour…

img-20170306-wa0026Il leur en reste des vallées à traverser….

Je suppose que cette dernière photo a été prise par Laurent durant le parcours en hélico.


Balise reçue à 16h00 (19h00 HL) : 42.503420°,45.354140°

Depuis Chesho, ils ont remonté une longue vallée encaissée jusqu’à l’altitude de 2400 m environ. D’après les vues satellite, ils peuvent dès demain rattraper l’itinéraire projeté. Mais ils peuvent aussi continuer à tracer un peu plus au nord.

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